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Comment choisir les caractéristiques d’un PC de bureau en 2014 ?

mercredi 22 janvier 2014, par L’intendant zonard

Vous vous trouvez en situation d’acheter des machines pour votre établissement, pas moyen d’obtenir une livraison en dotation cette fois-ci. Mais vous aimeriez à tant que faire choisir ce que vous achetez. Et c’est coooompliqué, holala !

L’IZ tente dans cette page de vous mettre le pied à l’étrier pour avoir une petite idée de ce pour quoi vous allez dépenser les précieux sous de la dette publique, en quelques chapitres classés par ordre d’importance.

0) Le système d’exploitation

Je ne vais pas me gêner pour rappeler ici que vous avez le choix entre un mauvais produit cher et un excellent produit gratuit et recommandé par le circulaire du Premier ministre. Arrêtez de jeter l’argent public par les Fenêtres !

S’il y a la plus petite chance que cela soit toléré dans l’usage qui sera fait des machines, je ne recommanderai jamais assez vivement que les ordinateurs de nos EPLE fonctionnent sous Linux. En effet, vous y gagnerez :

- une absolue tranquillité à l’égard des virus de toutes sortes
- une parfaite stabilité de la machine dans le temps : si elle marche aujourd’hui, elle marchera aussi bien dans 10 ans (sauf panne du matériel bien entendu)
- la possibilité d’utiliser un ensemble de logiciels libres toujours à jour, de manière automatique, sans aucun effort particulier d’administration puisque tout peut se faire automatiquement
- l’impossibilité complète que des élèves n’installent des saletés sur les machines, qu’il s’agisse de malwares, de jeux inappropriés à l’usage pédagogique ou de logiciels piratés qui mettraient l’établissement dans l’illégalité. J’ai parlé des élèves, mais... bref.

Moi j’attends qu’on m’explique qu’est-ce qui peut bien justifier qu’aujourd’hui en collège, on prétende initier les élèves à la bureautique avec des copies généralement pirates de Microsoft Office version 2002 "parce que c’est ça qu’il y a d’installé chez les employeurs". C’est certain que lorsque les collégiens verront leur premier PC sur un vrai poste de travail, vers 2020, on leur aura gardé la version 2002, aucun doute à ce sujet ! Quand j’utilise LibreOffice, à la maison sous Linux ou au bural en passant à travers les Fenêtres, c’est la version du mois en cours qui tourne.

Bref.

Si vous êtes contraint d’utiliser windoom, alors vous devez payer au prix fort la version PRO. Aucune autre version n’acceptera de fonctionner correctement dans un réseau d’établissement scolaire, c’est fait exprès pour que cela ne marche pas. Et oui, ce système est conçu pour ne pas marcher, c’est étonnant, non ?

Une fois ce point assuré, à grand coups de dollars qui enrichissent la première fortune de la planète en creusant la dette publique de notre continent à nous, alors il faudra, en l’état de début 2014, vous débrouiller pour trouver la version Seven, parce que la version 8 est, de l’avis général, une horreur inutilisable et détestable. Comme une version sur deux de ce système depuis quinze ans. Cela ne vous a pas frappé, que dans votre établissement il y a probablement encore une majorité de PC fonctionnant avec la version XP (prononcer expie), laquelle est millésimée 2001 ? Ma machine perso à la maison fonctionne avec la version Linux du semestre en cours, ha pardon j’avais dit que je n’en parlais plus.

Dans la plupart des cas, il va vous falloir trouver un fournisseur qui vende une machine avec "Windows 8 downgrade 7", ce qui veut dire que vous allez payer la dernière version qui est dégueu, puis qu’on vous laissera généreusement mettre à la place la version d’il y a quatre ans qui elle est utilisable. Super, non ? Et ça limitera drastiquement les offres auxquelles vous pourrez accéder. Heureusement qu’on a l’UGAP en fait, parce que sinon je crois qu’on n’y arriverait pas du tout.

Dernier point : version 32 ou 64 ? Normalement en 2014, on ne devrait plus vous vendre un PC en 32 bits, c’est forcément 64.

Ah, je ne pouvais pas ne pas en parler : la marque à la pomme. Si les fonds de votre établissement sont placés sur des exploitations pétrolières, ne vous gênez surtout pas. Et si vous avez des sections d’arts graphiques, bin faudra vous faire financer ça par le conseil dépional. Le plus pénible, c’est que c’est en opérations en capital, en section de fonctionnement ça ne passe pas, pfff...

1) Le processeur (Central Processing Unit, CPU)

Je le mets en premier lieu ou presque, alors que dans le fond, ça fait longtemps que pour les usages normaux qu’on peut imaginer, l’acheteur moyen n’a plus trop à s’inquiéter de la puissance du processeur de sa machine. Il est loin le temps où l’on savait devoir payer beaucoup plus cher pour échapper à une violente obsolescence, surtout si l’on a en tête le passage précédent sur le fait que Linux permet de répondre à l’essentiel de nos besoins avec une machine de 10 ans d’âge dont la valeur économique est aujourd’hui inférieure à 50 écus : n’achetez pas un nouvel ordinateur, téléchargez-en un meilleur ! Mais javais dit que je n’en parlais plus.

Pour autant, le monde des processeurs a continué à évoluer à peu près suivant la fameuse loi de Moore, et il ne faut pas négliger de regarder ce qu’on achète... sinon on se fait voler, tout simplement !

Alors comment s’y retrouver, avec littéralement des dizaines de références de processeurs, même en se restreignant à la seule marque principale du genre ? (ce qui serait d’ailleurs dommage, l’unique concurrent sérieux souffre, et quand il n’y aura plus de concurrence, aïe aïe !)

En fait à notre niveau de compréhension, nous allons pouvoir classer les processeurs des machines qu’on nous propose suivant deux critères :

  1. leur puissance de calcul brute (enfin, une estimation fournie par des systèmes de tests qui ne sont sans doute pas sans défaut, mais on s’en contentera)
  2. leur consommation électrique

La puissance de calcul, alors parce que c’est bien simple : pour l’achat que je viens de faire à l’UGAP, avec une différence de prix de quelques euros, j’ai 25 % mieux juste en cherchant un peu. Oui, quelque euros, et à l’UGAP. Alors je vous dis pas si vous débarquez sans précautions chez un vendeur normal !

Pour connaître la puissance d’un processeur, allez voir, c’est en globish mais tant pis, ce site : http://www.cpubenchmark.net/ et soumettez-lui le nom du processeur qu’on vous propose. A l’heure où j’écris, on me propose des puissances mesurées entre l’indice 700... et l’indice 15 000 ! Oui, une différence de un à vingt !

Naturellement, les processeurs à 15 000 points de début 2014 (qui seront ringards dans deux ans) sont chers et a priori destinés à des usages franchement exigeants. Mais vous faire refiler un vieux coucou à 700 points quand vous devriez en avoir 5 000 juste en prenant la peine de vérifier, ça fait réfléchir, non ?

Ensuite, la consommation électrique. Vous savez que votre ami l’IZ est un khmer vert, ça vous fait sourire. Sauf que. Sauf qu’un processeur qui consomme deux ou même trois fois moins d’électricité pour la même puissance, ça se trouve facilement là aussi quand on est attentif. Et ça fait réfléchir sachant que :

  • vous achetez une machine pour qu’elle fonctionne sept ans en moyenne. A raison de 180 jours de travail de 8 heures par an, ça fait 10 000 heures de fonctionnement pour votre machine, et je suis très gentil. Au prix actuel de l’électricité (et dans 7 ans...) un processeur économe vous fera gagner 70 euros par rapport à un machin acheté sans faire attention.
  • mais si votre processeur chauffe, il faut le refroidir. Donc des ventilateurs. Qui consomment de l’électricité en plus eux aussi, on peut l’ajouter à la facture, mais surtout les ventilateurs font du bruit. Du bruit qui dérange les gens qui travaillent avec le PC. Et ça a un prix, énorme !

Le site http://www.cpubenchmark.net/ vous permet aussi dans la plupart des cas de connaître la consommation électrique d’un processeur. Il faut rechercher l’information "max TDP", ce qui veut dire l’enveloppe thermique maximale", en gros la chaleur émise en watts, et donc à epsilon près la consommation électrique correspondante.

Les processeurs de machines de bureau se situent généralement entre 30 et 60 watts, si vous y mettez du vôtre, vous trouverez 15 watts, et si vous vous en fichez, ça pourrait dépasser 75. Serrez donc une ampoule à incandescence 75 watts dans la main, vous me direz combien de temps vous la tenez avant de crier.

Ces chiffres devraient évoluer, avec la généralisation des ordinateurs portables, puis des téléphones intelligents puis des tablettes, qui supposent un fonctionnement sur batteries coûteuses, lourdes et encombrantes que tout le monde a intérêt à limiter : ils utilisent déjà des composants bien plus performants énergétiquement parlant. Il y a aussi les scientifiques qui utilisent des supercalculateurs composés littéralement de plusieurs millions de processeurs, et qui n’ont pas forcément envie d’être obligés de construire un réacteur électronucléaire pour faire fonctionner leurs machines. Tout comme les grands acteurs de l’Internet, d’ailleurs, la rumeur ne dit-elle pas que l’Ooggle consomme déjà 1 % de l’électricité de toute la planète ? C’est très exagéré, mais on ne prête qu’aux riches...

Donc si vous me lisez en 2016, ne considérez pas forcément qu’à 30 watts tout va bien vous avez fait le boulot. Le site que j’ai déjà cité deux fois, et il doit en exister plein d’autres du même genre, propose des tableaux comparatifs de la puissance du processeur par watts, vous pourrez les utiliser pour vite voir si l’on vous propose un nanar ou quelque chose de bien fichu.

2) Mémoire

Ce secteur semble relativement pacifié désormais, les besoins de mémoire ont cessé d’augmenter exponentiellement. A l’heure où j’écris, les machines sont vendues avec 4 giga-octets de RAM, et il y a assez peu de sollicitations pour en mettre beaucoup plus. Si vous êtes très prudent et qu’on vous propose l’option à des prix raisonnables, prenez huit, dans le fond dans sept ans on ne sait pas trop.

Il y a différentes qualités de mémoire, et celle qu’il faut installer est assez directement corrélée au processeur que vous aurez choisi. D’où là encore l’importance de prendre un processeur raisonnablement à la page, s’il faut racheter de la RAM plus tard (besoin supplémentaire ou remplacement de composant en panne), moins ça sera ancien, moins cela sera difficile à trouver.

Si à un moment ou à un autre vous avez le choix, vous serez attentif à ce que la mémoire qu’on vous vend soit composée du moins grand nombre de modules séparés possible. Si votre ordinateur accepte quatre barrettes mémoire et que vous en mettez quatre de 1Go chacune, il n’y a plus de place pour rien d’autre. Alors que si vous en mettez une de 4Go, il reste trois emplacements pour étendre la mémoire à l’avenir.

3) Disque dur

Comme la mémoire, on est en phase de stabilisation sur ce point. Même en se forçant à gaver les disques de vidéos, avec un Tera-octet (1000 giga-octets, même si normalement ça devrait être 1024 mais ne tâchons pas de passer pour un nerd) on en a vraiment sous le pied.

Ceux d’entre nous qui comme moi utilisent des machines bureautiques dépassant l’âge de raison n’ont absolument pas été en situation d’approcher la saturation d’un disque dur de 80 Go, on peut supposer que ce point ne soit plus un motif de stress.

Les qualités mécaniques de ces disques peuvent être plus ou moins excellentes, mais on n’est pas là pour délirer sur les performances des machines non plus, et je ne pense pas qu’il y ait vraiment matière à réflexion, tapez dans le tarif et ça devrait aller.

Il se vend désormais principalement des disques de très petite taille, deux pouces et demi, alors que récemment encore les disques durs étaient principalement de trois pouces et demi. On trouve encore cependant les 3’5 sur les grosses capacités, au-delà de un tera-octet. Je me suis demandé si par hasard les petits n’étaient pas moins fiables que les gros, à force de compacité. Mes recherches n’ont rencontré à ce jour que des considérations assez molles sur des forums anglophones, mais je n’ai pas trouvé de traces statistiques significatives.

Un lecteur attentif et curieux, ou informé, pourra peut-être trouver des informations pertinentes sur ce point. Parce que dans le fond, on pourrait aussi choisir d’acheter le disque dur le plus fiable possible, parce que le crash disque c’est quand même l’enfer absolu, même quand on est au taquet sur les sauvegardes. Il y a peut-être quelque part des graphiques pertinents sur le MTBF des disques durs récents.

Si vous avez spécialement besoin de performance, une solution encore relativement coûteuse est désormais envisageable : le "disque" SSD, dont la mémoire n’est plus un disque avec une surface magnétique en mouvement, mais plus que des puces capables de conserver les informations, comme les désormais banalisées clés USB. A voir : une vidéo intéressante proposée par un fabricant de disques SSD.

C’est plus cher à capacité équivalente, mais ça a la rapidité de l’électronique, et comparativement à un disque mécanique, la différence peut être saisissante dans certains cas. Mais outre le prix, la fiabilité de ces mémoires n’est pas encore au niveau des disques à l’ancienne, alors pour de l’usage bureautique, oublions. Ah, et puis ça consomme fatalement un peu moins d’électricité, faut quand même que je le dise si je veux être cohérent.

4) Ergonomie, accessoires, praticité

Je suis personnellement favorable aux PC au format "desktop", ce qui veut dire boîtier à poser sur le bureau avec l’écran par-dessus. Pourquoi ? Parce que sinon l’écran n’est jamais assez haut, et on se fait mal au dos. Et même en général je préconise l’ajout d’une ramette de papier entre le PC et l’écran pour obtenir la hauteur optimale.

Les boîtiers en forme tour, qui tiennent debout, ont une meilleure ventilation naturelle, et sont plus souvent proposés pour les machines plus costaudes. Sauf si on les met sous la table, elles prennent de la place et ne permettent pas de positionner son écran correctement. Mais tout cela se discute.

En revanche, les micro-desktop me semblent une mauvaise idée en milieu professionnel : ce sont des machines à compacité maximale. Leurs entrailles encombrées seront moins bien ventilées, et elles vieilliront moins bien, ou auront un ventilateur plus bruyant, et... elles sont plus faciles à voler ! Eh oui, ici c’est toujours la Zone. Mais à la maison, ça se justifie probablement, un truc qui prend moins de place.

En fin de compte il faudrait pouvoir comparer les boîtiers sur le bruit qu’ils font, mais ça n’a pas l’air raisonnablement possible. En plus, le bruit augmente sensiblement au fur et à mesure que le matériel vieillit et s’encrasse, même si on fait beaucoup de bien aux machines en les ouvrant pour y passer l’aspirateur tous les deux ou trois ans.

Les souris sont toutes optiques de nos jours ; certains aiment bien les souris sans fil, mais à part le plaisir de se les faire voler, au boulot je ne vois pas la plus-value.

5) L’écran

Si vous achetez des écrans, avec les PC ou séparément, je voulais attirer votre attention sur deux critères à prendre en considération :

  • prenez des écrans mats ou anti-reflets ! Les écrans brillants sont plus tape-à -l’oeil au début, mais à force de vous faire taper dans les yeux, ça va vous les fatiguer sévèrement. Être obligé de repenser un poste de travail parce qu’il y a le reflet de la fenêtre dans l’écran, c’est pénible. Cela vaut aussi pour les portables, et là bon courage, parce qu’il faut chercher, et en plus les marchands se gardent bien de vous dire si l’écran de leur machine est brillant ou pas. Suivez mon conseil, vous aurez envie de me remercier après.
  • si vous avez la possibilité de prendre des écrans avec un pied réglable permettant de le réhausser sensiblement, vous éviterez à la Sécu tout plein d’arrêts maladie pour maux de dos.

A part ça, l’intégration de haut-parleurs dans l’écran pourra vous intéresser.


Voilà, vous en avez plein la tête maintenant, avec ça vous allez pouvoir faire chauffer le système de choix à la carte des composants des PC dans l’interface client de l’UGAP. Taïaut !

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