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Différence entre Objets Confectionnés et Objets de Technologie

jeudi 26 octobre 2006, par L’intendant zonard

Il est important de bien situer l’un par rapport à l’autre le cadre réglementaire respectif des OC et des objets vendus dans le cadre de l’enseignement technologique au collège. Petite mise au point.

En toute rigueur, les Objets Confectionnés sont une exclusivité des sections d’enseignement professionnel et autres SEGPA. Les bricoles faites en cours d’enseignement général de collège, appelé technologie, ne sont pas des objets confectionnés, mais des réalisations pédagogiques non susceptibles d’avoir une valeur marchande quelconque, puisque pas réalisées par des professionnels même en formation.

Les réalisations de technologie sont retracées en recettes au 70881, vente obj Emt enseig ménag. La nomenclature n’a pas été révisée depuis plus de quinze ans que l’EMT n’existe plus. (Education Mortelle et Tuante, désolé c’est une blague de l’époque où j’étais élève)

Les "vrais" OC de l’enseignement professionnel sont eux au compte 701 qui n’est supposé exister que dans le cadre d’un chapitre J1.

Dans les faits ça revient au même puisque les uns comme les autres doivent être vendus au prix de la matière d’oeuvre. Mais si cette règle est souple pour les "vrais" OC (on peut pratiquer des augmentations forfaitaires justifiables par la gâche, par l’usure des machines et le prix de leur maintenance ; d’ailleurs dans mon LP les élèves achetant leur propre objet ont un tarif préférentiel), dans le cas des objets de techno il est vital de faire payer le prix de la matière d’oeuvre et certainement pas plus. Tout au plus peut-on faire passer au CA un arrondi de la somme à la dizaine de centimes supérieure.

Question : je vais perdre de l’argent dans cette histoire !

C’est inéluctable, et personne ne se choquera quand je rappellerai que les cours de maths sont fortement déficitaires parce qu’aucun parent d’élève ne participe jamais au prix de la craie usée sur la tableau.

L’enseignement de technologie a un coût, non négligeable, mais qui est directement conséquence des programmes établis par le MEN. En conséquence, les conseils généraux, qui ne sont pas censés financer cela, rechignent et on les comprend, à doter cette discipline. C’est saumâtre quand on sait ce que les mêmes CT dépensent pour l’enseignement professionnel, mais je reconnais que multiplié par le nombre d’élèves en cursus général de collège...

Comme l’Etat ne donne plus un centime depuis très longtemps, pour ne pas faire tout ça à fonds perdus, la pratique s’est développée de vendre l’objet qu’il a fabriqué à l’élève. Cela ne peut en aucun cas être obligatoire, et toute la subtilité consiste à vendre à tous les élèves quand même, ou presque, pour que la techno ne devienne pas un puits sans fond dans lequel l’effort budgétaire du collège se perd inexorablement.

C’est une raison non négligeable pour être gentil et poli avec les profs de technologie, même quand on se cultive un personnage d’intendant méchant qui mord.

Question : puis-je envisager de faire payer plus cher les objets pour couvrir les frais considérant que tous n’achètent pas leur bricolage ?

Non, non et non. Il est nécessaire de convaincre les profs de technologie de vendre les objets aux élèves sans contrainte mais avec insistance. Si jamais le prix de vente est supérieur au montant à la pièce des kits généralement achetés à des entreprises spécialisées, ça peut être de quelques pourcents, au titre de l’arrondi de la somme et/ou pour couvrir au passage le prix de la soudure/gravure etc pour les fabrications en électronique par exemple.

Naturellement, si le CA accepte et si l’acte est validé par les autorités de contrôle, on peut toujours considérer qu’on est dans la courageuse attitude communément appelée "pas vu, pas pris". Le problème, c’est que nonobstant l’accord des Z’autorités, la CRC peut, elle, et quelques années après, éplucher les comptes et faire une tête au carré à l’agent comptable.

Moralité : collègues comptables, soyez carrés sur ce problème au moment de la prise en charge de l’ordre de recettes.

Question : comment établir le budget de la technologie sachant tout cela ?

Et bien disons que c’est fonction des obligations des programmes d’abord, de l’importance que le chef d’établissement veut bien donner à la discipline ensuite, et pour finir de la bonne volonté des profs eux-mêmes à justement récolter le moins mal possible le produit de la vente des objets à leurs géniaux créateurs.

Conditionner "en dur" les crédits de la discipline à la rentrée des ventes de l’année ou de l’année précédente reviendrait à prendre le risque de ne pas respecter le programme, et les chefs d’établissements ne sont pas là pour ça. Il faut les accompagner dans cette démarche qui relève de la plus élémentaire déontologie de leur métier. Cependant, en maniant la carotte et le bâton, on peut doucement amener les profs de technologie à comprendre leur propre intérêt.

Dans la foulée, on pourra, si dans le collège existe une SEGPA ou une option technologie ou une 3e d’Insertion, rappeler aux enseignants que le produit éventuel de la Taxe d’Apprentissage sera entièrement au bénéfice de leur discipline, et que se fendre de chercher des contacts amicaux pour récolter quelques centaines d’écus rendra leurs conditions de travail plus conformes à leurs rêves.

Comment et quand faire payer ?

Souvent les profs font payer les élèves a priori, avant le début de la fabrication des objets. C’est mal. En effet on ne peut préjuger de l’intérêt qu’aura l’élève à acheter son objet. S’il se rate, il ne voudra pas l’acheter.

Cela fait qu’il faut attendre normalement la fin de la fabrication pour que le prof ramasse tous les objets, les étiquette avec le nom, les vende à leur fabricant au tarif officiel, et procède à la destruction des restants.

Alors pendant qu’aucun conseiller de la CRC ne me lit, j’en profite pour signaler que la méthode officielle ne donne rien du tout, et que la méthode malhonnête et pas sérieuse, elle, permet de financer les activités pédagogiques.

Il ne reste qu’à suggérer la précaution de ne pas faire l’encaissement de cet argent la première semaine de septembre, car alors ça se voit vraiment trop que ça a été perçu a priori, et bin vous avez contribué à effacer les traces.

Naturellement, si vous encaissez plus tard, ça veut dire qu’il y a de l’argent public qui se balade pendant plusieurs semaines hors de tout contrôle, dans les poches d’un prof ou dans le tiroir d’un gestionnaire. C’est de la gestion de fait, c’est très mal, c’est très dangereux.

Bref, comme vous le constaterez cher lecteurs, entre la nécessité de faire rentrer un peu d’argent pour suppléer à l’Etat qui ne remplit pas ses obligations, et le devoir de respecter les règles les plus élémentaires de la comptabilité publique, pas moyen de faire ce travail correctement, une fois de plus si c’était à prouver.

Messages

  • OK , tout cela est fort bien dit mais je trouve au contraire indispensable que l’on fasse remonter au ministère - par le biais de questions/réponses - par ex. le malaise que tout cela induit pour les gestionnaires /comptables encore assis entre 2 chaises, voire entre l’enclume et le marteau encore une fois...qu’en pensez vous ???

    • Les Dieux au-dessus de nous savent très bien mais n’ont pas d’argent pour ça, d’après moi. C’est un peu pour échapper àce piège que les inspecteurs pédago ont imaginé une inflexion des programmes vers l’étude, démontage et remontage d’une grosse pièce àfaire collectivement, plutôt que de fabriquer chacun son petit machin.

      Je ne suis plus en collège, mais on dirait que cette optique a du mal àse traduire dans les faits ; il faut dire que j’imagine que tenir les monstres en cours est plus facile en les occupant tous àune pièce que retenir leur attention sur une opération unique àregarder de loin.

  • bonsoir,
    et merci pour les informations que tu peux me donner.
    Je suis en LP (c’est mon premier poste en Lycée Pro) et je découvre les joies des objets confectionnés et de la taxe d’apprentissage....
    je n’arrive pas àtrouver si le vote des objets confectionnés doit être présenté tous les ans en CA ou si, en cas de non augmentation de ceux ci, un vote est valable plusieurs années ?
    Merci par avance ,
    Amitiés,

    • Cela pourrait être valable àdéfaut d’autre chose, mais ce n’est pas une bonne chose, ne serait-ce qu’éducativement àl’égard du chef de travaux et des profs. Habituons-les àrendre des comptes au CA, et àen appliquer les décisions, il n’y a pas de raison que nous soyons les seuls !

      De toutes manières, je te recommande de refaire voter, chaque année, au CA précédant celui du budget ou au pire lors du même conseil, une liste complète de tarifs, incluant les règles de facturation des OC.

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