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Le câblage des réseaux téléphoniques et informatiques

samedi 7 avril 2012, par L’intendant zonard

Un bon gestionnaire ne se contente pas des murs et de la sécurité, il lui est indispensable d’avoir un minimum de connaissances concernant les réseaux dans son bahut.

Cet article a pour objectif de vous mettre le pied à l’étrier, avec quelques notions de base pour comprendre ce qui se trouve dans votre établissement, et un peu de vocabulaire technique bien utile quand il faut susciter un dépannage.

Bienvenue dans le monde des courants faibles

Et oui, vous ne prendrez pas le jus en touchant à ces câbles-là . Bonne nouvelle, non ? En revanche, vous comprendrez que les règles de l’art demandent qu’on sépare physiquement les câblages de courants faibles et de courants forts (le 220 volts, quoi). C’est la raison d’être de ces énormes goulottes qu’on pose désormais dans les établissements :

Goulotte "à trois bandes" fermée

Au milieu, les prises ; au-dessus, courent les câbles de courants faibles, en-dessous les câbles de courant fort (ou l’inverse, peu importe)

Notez que ces goulottes à trois bandes permettent assez facilement de déplacer des prises, qu’il s’agisse de prises de courant ou de prises réseau. Certains petits changements peuvent même être faits sous tension et sans outil, avec un minimum de bon sens et de prudence. N’hésitez pas à en profiter quand l’usage des locaux en a l’utilité !

Goulotte "à trois bandes" en cours de modification

Les courants faibles assurent désormais tous les flux d’information

Dans une installation raisonnablement récente, il n’y a plus de différence entre le réseau téléphonique et le réseau informatique. Les mêmes types de câbles irriguent l’établissement pour la desserte locale. Ainsi, je peux dans mon bahut, en prenant quelques précautions, échanger une prise pour poste téléphonique et une prise réseau de PC, si cela apporte un intérêt ergonomique.

Et je ne parle même pas des installations téléphoniques sur IP, encore rares en 2011, mais en cours de généralisation dans les très grandes structures : là les téléphones sont quasiment des ordinateurs.

Quelques précautions quand même

Il demeure une différence entre ce qui circule sur des câbles téléphoniques et des câbles informatiques : sur les premiers, il y a un peu d’électricité pour assurer l’alimentation des postes, et même aussi de quoi faire sonner les vieux postes analogiques.

Donc il est important de réaliser son brassage de câbles avec une certaine prudence, car vos cartes réseau de PC ou les switches pourraient ne pas bien tolérer les 24 volts d’une sonnerie téléphonique.

Nos interventions sont normalement limitées à des retouches des installations que nous gérons, donc rien de sorcier, pas grand risque de se tromper. Il faut donc toujours agir calmement, en prenant des notes, et en refusant de se laisser distraire. Ces consignes sont évidemment valables pour les personnels à qui vous confieriez le même travail.

Dans mon armoire de brassage de l’étage : les réglettes

On retrouve dans une armoire de réseau correctement fichue quatre types de "prises" :

  • les prises conduisant directement vers les prises RJ45 murales, avec leur numéro
  • la réglette de prises téléphoniques conduisant, via la rocade, au PABX
  • les prises, chez moi de fibre optique, conduisant au coeur du réseau informatique
  • le switch pour raccorder entre eux les équipements informatiques

Les prises RJ45

On en a déjà parlé plus haut, ce sont les prises "réseau" qui se trouvent un peu partout dans l’établissement. Chacune a une référence lisible sur place, et reconnaissable dans l’armoire de brassage.

Des connecteurs de brassage réseau dans une armoire de distribution

RJ45, c’est le nom de la norme de prises et de fiches qu’on utilise généralement ; ce sont des connecteurs à 8 fils. Les téléphones ont souvent des connecteurs RJ11 ou RJ12, avec 6 fils : ne vous inquiétez pas, même si vous n’avez pas le bon câble, une fiche RJ11 rentre dans une prise RJ45 et ça marche. C’est pas dans les règles de l’art, mais ça marche et durablement. Une fiche RJ45 et sa petite soeur RJ11

Le recettage, c’est l’opération qui consiste à garantir que si on branche un truc dans l’armoire à la prise qui s’appelle 2e étage/F43, ensuite on retrouvera le signal au 2e étage à la prise portant l’étiquette F43. Il arrive qu’il y ait des erreurs, sinon des sabotages (destruction ou échange des étiquettes dans les salles de classe...), alors si vous avez identifié un problème, refaites l’étiquetage ou bien condamnez les prises à problèmes.

La rocade téléphonique

Le téléphone est moins exigeant que le réseau informatique, et une paire de brins de cuivre lui suffit. Donc un seul gros câble de 16 paires, parfois plus, assure la continuité entre le central téléphonique et votre armoire d’étage.

Façade des prises destinées à la téléphonie

Aux deux bouts de ce câble, on met des réglettes de prises RJ45, mais qui seront inutilisables pour le réseau, puisqu’avec deux brins seulement. Chez moi on les reconnaît à leur couleur noire. Là aussi, il y a un recettage, avec une numérotation spécifique.

Le raccordement vers le coeur du réseau informatique

Chez moi ces raccords sont en fibre optique, pour la puissance et pour dépasser la limite fatidique des 100 mètres entre deux matériels actifs qu’impose la norme Ethernet (notez que le vieux Ethernet 10 Mb/s avec des câbles coaxiaux atteignait 300 mètres...)

Des fiches optiques dans le switch "coeur de réseau"

Le switch

C’est tout simplement le concentrateur/répartiteur de réseau ; la génération précédente s’appelait hub. Les vieux hubs partageaient leur bande passante entre tous les matériels qu’ils connectaient, alors que les switchs sont capables de maintenir une connexion idéale entre deux des 24 machins qu’ils relient : si vous avez encore un hub dans le bahut, vous pouvez vraiment songer à le remplacer par un matériel récent, ça ne coûte plus grand chose.

Un bon vieux switch, ici un gros 48 ports

L’art du brassage et de la continuité

L’art du brassage consiste à faire passer, par des câbles dont on peut choisir les couleurs si on est bien organisé, les informations au bon endroit. En gros, le plat de spaghetti n’est pas tout à fait mélangé au hasard.

On doit s’attacher à obtenir la continuité entre deux appareils, à travers les différentes étapes du circuit. Par exemple, concrètement la continuité d’un raccordement téléphonique se fait ainsi, chez moi :

  • on part du standard, autrement dit PABX. Il est bon de savoir que certaines prises sont destinées à des appareils numériques, d’autres à des appareils analogiques.

Un "PABX", autrement dit un standard téléphonique

  • dans l’armoire où est le PABX, un raccord envoie la ligne dans une réglette téléphonique.
  • le câble de rocade conduit jusqu’au bâtiment qu’on veut desservir
  • dans le bâtiment à distance, on trouve la jumelle de cette réglette téléphonique. Si le recettage est correctement réalisé (qui sait...), un numéro dans l’armoire principale correspond exactement au même numéro dans l’armoire distante.
  • souvent, les réglettes indiquent quel bâtiment ou secteur elles desservent, mais dans des termes barbares, du genre cotes du chantier de reconstruction ou autres obscurs signes : le bon gestionnaire passe améliorer ça à l’aide de son étiqueteuse, pour ajouter des mentions compréhensibles par un successeur moyennement malin.
  • bref, on arrive enfin dans le bâtiment distant. Il faut mettre un lien entre la réglette téléphonique et la prise qui sera concrètement desservie dans le bâtiment. Si le recettage est correctement fait (les réglettes ET les prise murales ? Là j’y crois plus !), alors il suffit de brancher sur le numéro correspondant à la prise qu’on a choisie dans le local qu’on souhaite desservir
  • pour finir, on met un poste analogique sur une ligne analogique, ou un poste numérique sur une ligne numérique, sinon ça marche nettement moins bien.

C’est plus clair ? Si qu’à moitié, posez vos questions en commentaire !

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